jeudi, septembre 29

Une adaptation sous le soleil d’un roman de Marguerite Duras.

C’est en grande liberté et en pleine nature que l’acteur et scénariste et désormais réalisateur Matthieu Rozé est allé chercher son inspiration. Un sacré défi que d’adapter un livre méconnu de Marguerite Duras (Les petits chevaux de Tarquinia) pour son premier long métrage Azuro.

Dans la chaleur écrasante de l’été, des amis retournent comme chaque année dans leur petit village préféré, coincé entre la mer et la montagne. Comme d’habitude, ils s’ennuient, mangent, boivent beaucoup. Ils ne font attention ni au feu qui progresse sur la montagne, ni au monde qui les entoure. Mais cette année, les choses vont changer. Sara, échauffée par l’arrivée de l’Homme dans sa quiétude estivale auprès de son mari, de son fils et de ses amis de toujours. Le mystérieux brun, propriétaire d’un bateau et talentueux nageur, va s’inviter au milieu de la bande et semer le trouble par sa simple présence. Tiraillée entre l’amour de son fils et ce désir brûlant pour l’inconnu, la jeune femme va s’interroger sur les sentiments, le groupe, la maternité ou encore la fidélité. Pendant ce temps, un incendie menaçant gagne du terrain sur le petit coin de paradis. Sara cédera-t-elle aux flammes de la tentation ?

Cette histoire de désirs prend corps grâce à un casting exaltant, que le cinéaste a souhaité peu commun. Le film peut faire un petit peu penser au Théorème de Pasolini ; à savoir comment un corps étranger va arriver dans un groupe et va totalement le désorganiser la libido de chacune. Valérie Donzelli, parfaite en héroïne durassienne incarne la secrète Sara face à Yannick Choirat, comédien à la prestance virile au plus haut point. Le Portugais Nuno Lopes campe un homme idéal, séducteur, mais mystérieux. Florence Loiret-Caille incarne la pétillante célibataire Margaux. L’Italienne Maya Sansa joue le sérieux et la sensualité de Gina, compagne exaspérée de Vadim, un Thomas Scimeca délirant en grand enfant charismatique. Leurs visages, leurs voix, leurs corps et leurs personnalités rares à l’écran sont parfaites pour imprimer cette bande d’amis enflammée.

Matthieu Rozé évoque avec Azuro cette belle légèreté et langueur, ces baignades, parfois ces danses et surtout ces amours et ce désir si solaire de filmer les corps. Quelque chose ici enivre et emporte plus que d’habitude. Le film se donne des éléments de départ, qu’il semble laisser agir librement, entre eux et les uns sur les autres, observant ce qui a lieu, accueillant aussi ce qui n’a pas lieu, qui reste sur le bord.

Actuellement au cinéma.

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