mardi, septembre 27

«The Boys»: Le carton planétaire qui met à mal les superhéros!

La série d’Amazon Prime est de retour pour une saison 3 depuis vendredi 3 juin. Son créateur et certains comédiens évoquent le succès des personnages détestables dotés de superpouvoirs.

«Que se passerait-il si des superhéros existaient réellement dans notre monde ?»

Pour Éric Kripke, créateur de « The Boys », cette question est le point de départ de la série, dont les trois premiers épisodes de la saison 3 sont mis en ligne sur Amazon Prime Video depuis vendredi 3 juin. La complexité de la nature humaine est donc au cœur de la trajectoire des différents personnages, qu’ils possèdent des superpouvoirs ou non.

«Personne ne se lève le matin et se dit en regardant le miroir : Je vais être méchant aujourd’hui. Ce n’est pas comme ça que la psychologie humaine fonctionne, poursuit le scénariste. Je suis fasciné par les gens qui commettent des actes horribles tout en pensant qu’ils ont raison! De la même manière, les héros qui sont 100 % gentils ne m’intéressent pas. Cela ne peut pas être une représentation sincère de l’humanité.»

C’est ainsi que dans «The Boys», adaptée d’un comics américain, les superhéros sont élevés au rang de stars dans une société qui leur voue un véritable culte. Plus ils sont célèbres, plus ils peuvent être corrompus par le pouvoir et la gloire. À l’image de Homelander, ou le Protecteur en version française, le plus puissant et le plus horrible de tous derrière sa façade de sauveur.

Pour son interprète, le néo-zélandais Antony Starr, l’attrait du personnage ne s’arrête pas là. « Il est peut-être le plus fort physiquement mais aussi le plus faible psychologiquement, souligne-t-il. C’est une superbe contradiction à jouer. » Chace Crawford, ancien acteur de «Gossip Girl» et interprète dans « The Boys » de The Deep (l’homme-poisson) considère même que tout n’est pas forcément lié à ses dons: «Il se nourrit de la célébrité davantage que de l’utilisation de ses pouvoirs. Il ne vit que pour réintégrer les Sept (une équipe d’élite des superhéros composée de sept membres dont il a été exclu) ».

L’anti-univers Marvel!

Dès le début de «The Boys», en 2019, son propos était en phase avec notre réalité dans laquelle Donald Trump, une ancienne figure de la téléréalité, était président des États-Unis, les réseaux sociaux prenaient de plus en plus d’espace, où l’on pouvait devenir une star du jour au lendemain ou au contraire connaître une déchéance fulgurante.

«Je pense que notre société se régale de voir les célébrités tomber en disgrâce, analyse Jensen Ackles, Dean Winchester dans la série Supernatural déjà dirigée par Kripke comme showrunner,fan de cette production avant d’intégrer le casting dans cette saison 3. Là, ce sont des superhéros en chute libre, donc c’est un festin !» Le comédien prête ici ses traits à Soldier Boy, un des premiers superhéros apparu il y a soixante-dix ans et qui a ensuite mystérieusement disparu.

Si «The Boys» fonctionne aussi bien, c’est aussi parce que l’univers Marvel est passé par là, envahissant grands et petits écrans depuis plus d’une décennie vendant un univers scindé en deux parties: les bons et les méchants! «Il existe aujourd’hui comme une langue universelle que le public du monde entier comprend quand on évoque les superhéros, confirme Éric Kripke. Cela permet à The Boys de jouer avec un univers qui est familier de tous et de renverser ses stéréotypes.»

Grâce à la liberté de ton offerte par une plate-forme de streaming comme Amazon Prime, les scénaristes ne se restreignent pas côté violence ou scènes complètement folles. «Mais, je ne veux vraiment pas que cette série perde son charme si elle se met à choquer juste pour choquer, si elle fait de la provocation gratuite, tempère son créateur. Les auteurs me proposent plein de scènes hallucinantes et la règle, c’est que si ça n’apporte rien à un personnage ou à l’univers de la fiction, je n’en veux pas.»

Une suite qui va encore surprendre le public

Les comédiens sont les premiers à être aussi excités que nerveux avant la lecture de chaque scénario. «On ne sait jamais à quoi s’attendre», lancent-ils en chœur. «Je me demandais à quelle sauce j’allais être mangé, avoue Jensen Ackles, dernier arrivé. Pour un des épisodes, j’ai appelé Éric Kripke concernant une scène qui me dérangeait. Je lui ai dit : Je ne peux pas faire ça, j’ai des enfants ! Au final, on ne l’a pas coupée, mais on l’a modifiée légèrement pour que ça convienne à tout le monde.»

Sur la lancée des précédentes, cette suite va encore surprendre le public tant sur le fond que sur la forme. Toujours audacieuse, intelligente, aussi révoltante que divertissante, «The Boys» confirme qu’elle est une des meilleures séries actuelles en brouillant toujours plus les frontières entre bons et méchants.

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