mardi, septembre 27

Musée Soulages à Rodez: Exposition Chaissac et CoBRA «Sous le signe du Serpent»

Par Franck Karsenty

En Aveyron, la Ville de Rodez est le berceau d’un des plus grands artistes contemporains: Pierre Soulages. Un musée est entièrement dédié au «peintre du noir». Il s’agit bien là d’une des escales culturelles majeures en Occitanie en allant à la découverte d’un maître de la peinture contemporaine. Ce lieu, ouvert depuis 2014, ne renferme pas moins de 500 œuvres données par l’artiste lui-même et à la particularité d’avoir été le premier à être dédié à celui-ci de son vivant.

Un lieu d’exception pour un artiste pluridisciplinaire

Soulages réalisent des œuvres imprimées – eaux fortes, lithographies, sérigraphies – aux peintures sur toiles et papiers, en passant par le verre, le bronze et le cuivre. Le bâtiment a aussi de quoi surprendre: il s’agit de cinq cubes recouverts d’acier Corten qui rappellent les nuances chromatiques des peintures sur papier des Brous de Noix.

Au-delà de sa mission culturelle, ce musée est à la fois un espace de vie, de loisirs et de promotion pour d’autres artistes à la faveur d’expositions temporaires.

Une exposition unique et impressionnante

Pour la première fois en France, une exposition réunit l’œuvre de l’artiste français Gaston Chaissac (1910-1964) et des artistes du groupe CoBrA. Elle célébrera les familiarités plastiques, les profonds bouleversements propres à ces représentants de l’art d’après-guerre. Francs-tireurs de l’art moderne, Chaissac et les CoBrA, dans le même temps – ne serait-ce que par leur proximité avec le critique Michel Ragon- sont d’essence populaire ; leur art fait écho à la précarité, à l’enfance et à l’imagination. Leur art exalte la vie, l’invention et la spontanéité. Chez les uns, il s’agit une irruption, chez l’autre d’une durée.

En 1950, dans le numéro 6 de la revue internationale Cobra, Gaston Chaissac, défini un peu vite comme sabotier – il est cordonnier – livrait une de ses fameuses lettres adressée au peintre prétendument naïf Jules Lefranc. La lettre de Chaissac, plus proche du conte, voisinait avec un bois gravé de Jean Dubuffet, des géants Gilles de Binche, une ardoise de Raoul Ubac, mais aussi des œuvres de Jorn, Corneille, Alechinsky et tant d’autres. Les CoBrA ouvraient un univers collectif, secouaient l’art comme une corde, une onde tellurique frôlant l’art brut et les avant-gardes.

Exposition Chaissac et CoBRA, Musée Pierre Soulages à Rodez jusqu’au 8 mai 2022

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