mardi, septembre 27

Les Folies Fermières : Agriculteur et patron de cabaret !

Jean-Pierre Améris signe une comédie inspirée de l’histoire vraie d’un éleveur qui a élargi son activité au cabaret pour sauver son exploitation. Malgré une intrigue cousue de fil blanc, le film séduit par son rythme et sa galerie de personnages attachants.

Un film tiré d’une histoire vraie

Un paysan se suicide chaque jour en France. David Caumette, dernier éleveur de son village du Tarn, aurait pu rejoindre ces tristes statistiques. Mais il a l’idée d’associer à son activité agricole une boutique où vendre en direct ses productions et celles de ses collègues, un restaurant où « le spectacle est dans l’assiette », puis un cabaret pour mettre aussi le spectacle sur scène et attirer plus de convives. Les Folies fermières sont créées et l’exploitation familiale sauvée.

C’est cette belle histoire qu’il a racontée dans un livre écrit avec d’Anne Leblé (Éd. du Rocher) et dont s’empare Jean-Pierre Améris (Marie Heurtin, Profession du père) en la transposant dans le Cantal, une région chère à ce Lyonnais.

Un casting attachant

Soit David (Alban Ivanov), divorcé depuis peu, qui travaille d’arrache-pied dans l’élevage laitier lancé par son grand-père (Guy Marchand), où il vit aussi avec sa mère (Michèle Bernier). Son père qui s’est tué à la tâche n’est plus là pour l’épauler alors que tout va de mal en pis, entre les coûts de production de plus en plus élevés, la dette qui court et les revenus en chute libre. Le verdict de la banque tombe : sans redressement sous deux mois, l’exploitation sera mise en liquidation judiciaire.

Avant de rentrer chez lui avec cette nouvelle épée de Damoclès au-dessus de la tête, David s’offre une parenthèse avec une soirée dans un club d’Aurillac où des artistes comme Bonnie (Sabrina Ouazani, impressionnante), danseuse et trapéziste, lui font oublier pendant une heure ou deux tous ses soucis. On l’aura compris, il ne tarde pas à imaginer que monter un cabaret dans sa grange pourrait remettre à flot sa ferme. Il propose à Bonnie de l’aider à mettre sur pied cette folle entreprise en enrôlant des artistes de la région trouvés grâce à Pôle emploi. Mauvaise pioche : la jeune femme déteste la campagne.

Un pari réussi

Si l’aventure de David Caumette est pour le moins originale, le film de Jean-Pierre Améris a des airs de déjà-vu en tirant ses effets comiques de l’opposition entre deux mondes aussi contrastés que malmenés, paysans acculés et artistes en difficulté, dans une intrigue cousue de fil blanc. Néanmoins, cette comédie séduit par ses dialogues, son rythme et sa galerie de personnages attachants, des tendres qui se dissimulent derrière le paravent de la rudesse. Composé de bric et de broc, le spectacle prend forme sous la ferme impulsion de Bonnie et la magie du cabaret surgit dans ce coin du Cantal.

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