mardi, septembre 27

Johnny Hallyday, 5 ans après sa disparition, toujours au sommet!

Par François Dumant

En cinq épisodes articulés autour d’archives magnifiquement restaurées, Johnny par Johnny fait revivre la carrière de «l’idole», ses joies, ses déboires, son amour du public et le feu qui l’animait.

Un documentaire exceptionnel

Entre autre raretés, on découvre l’interview choc de son père Léon Smet. Abandonné peu après sa naissance, en 1943, par son père biologique, Johnny a trouvé en Lee Hallyday un «père de coeur». L’histoire aurait pu s’arrêter là mais Léon Smet a senti qu’il serait malin de renouer. En 1964, alors que Johnny fait son service militaire et la une de tous les magazines, Léon Smet se pointe à la caserne : il veut parler à son fils qui n’a jamais revu son père. C’est un piège : si Léon Smet est bien là, un ours en peluche à la main, le mess est saturé de photographes qui font crépiter leurs flashs. Léon Smet avait monnayé auprès de la presse ses «retrouvailles». Dans le documentaire, on peut voir les images de cette rencontre.

Et entendre l’interview effroyable donnée par Léon Smet : à la question, «que pensez-vous de votre fils», il répond : «Oui, il a brillamment réussi, mais à part ça, je m’en fous.»

Sa première tentative de suicide et un grave accident passé sous silence

Le 10 septembre 1966, alors qu’il est attendu sur la scène de la Fête de l’Huma, Johnny tente de se suicider. Hospitalisé, sauvé, il déclarera «L’avenir n’existe pas pour moi. Ça ne me gêne pas de mourir.» Johnny a toujours flirté avec les limites et le documentaire s’emploie à illustrer cet aspect de sa personnalité. Fou de voitures, et de vitesse, il confie à la fin des années 1960 que la plus grande joie de sa vie n’a pas été la naissance de son fils ni son premier concert mais la livraison de sa première voiture, une Triumph… En février 1970, le bolide qu’il conduit dérape sur une plaque de verglas. Sa passagère, Sylvie Vartan, passe à travers le pare-brise et en gardera de discrètes cicatrices au visage. Hospitalisé, le couple sera protégé par Gilles Paquet, attaché de presse de Johnny. L’affaire sera étouffée.

Timide et complexé

Johnny n’était pas ce monolithe qu’on a tant aimé dépeindre. Si de nombreuses archives actent une sincérité aussi rare que touchante, d’autres le montrent aussi confesser, sourire en coin : «Je suis assez menteur…» On sait qu’au début de sa carrière, il brodera des anecdotes purement fictives autour d’une rencontre avec Elvis Presley ou d’une enfance américaine. De la même façon, Johnny peut se montrer sentimental (quand il évoque sa rencontre avec Nathalie Baye ou Laeticia) ou d’une absolue trivialité quand il théorise sur les femmes : «Il y a des filles à pipes et celles qui méritent plus qu’un regard.» Des paradoxes qui ne signifient qu’une chose : «Les icônes, ça n’existe pas.» La phrase est de Johnny.

Johnny par Johnny, documentaire en 5 épisodes à voir sur Netflix

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.