mardi, septembre 27

HPI sur TF1: Bruno Sanches, le bon copain d’Audrey Fleurot!

L’ex-interprète de Liliane avec Catherine sur Canal + campe le flic sympa auprès d’Audrey Fleurot dans la comédie policière qui bat des records sur TF 1. Portrait…

Interviewé par Le Parisien, le comédien revient sur son parcours et le succès de la série qui explose tous les records cette année.

Pas du genre à ne plus toucher terre alors que la tornade « HPI », qui se poursuit ce jeudi à 21h10, continue de propulser TF 1 au sommet. Son personnage de gentil flic a pris de l’étoffe dans cette saison 2, avec des scènes irrésistibles auprès d’Audrey Fleurot. «Encore plus de 8,6 millions de téléspectateurs (jeudi 2 juin), c’est fou ! Ça ne me donne pas le tournis car, comme dirait un ami de ma femme : un jour tu dors à l’hôtel, un autre par terre», sourit le comédien au succès modeste. Simple, comme dans la vie qui ne l’a pas toujours préservé.

Du Portugal à la Comédie-Française

Petit, il se rêvait inventeur. «Comme Albert Einstein. Au final, j’ai fait ce que je voulais : inventer non pas avec des chiffres mais avec des mots», se souvient Bruno Sanches. Né en France, il a d’abord vécu trois ans au Portugal où sa famille a ses racines, avant de revenir avec ses parents et son frère aîné pour s’installer dans le quartier des Grandes-Terres à Marly-le-Roi (Yvelines). «Je ne parlais pas le français, j’étais timide. Je n’ai pas commencé l’école dans les meilleures conditions.»

Sa mère, femme de ménage, lui propose de faire de la photo, de passer des castings. Son père, cofondateur de la radio de la communauté portugaise francilienne Radio Alfa, suit. À 9 ans, le garçon tourne déjà. Il intègre la compagnie des «Sales Gosses», participe au film «Mayrig» d’Henri Verneuil, puis à la trilogie télévisée «Les Allumettes suédoises».

Ado, il entre au cours Florent, sèche pour faire du skate, se fait rappeler à l’ordre, travaille, comprend sur scène «l’impact de l’histoire sur les autres». Bac en poche, il découvre les spectacles de la Comédie-Française grâce à l’un de ses professeurs, sociétaire de la grande maison du théâtre. Une révélation. «Après, j’imaginais jouer Richard III. J’avais le melon, mais j’ai pris des bides et ça m’a calmé. C’est formateur. En mars dernier, j’ai eu mon premier trou noir sur un monologue, le jour de la première à Bobino (il jouait Sur les bancs). Pendant quatre jours, j‘ai pensé à arrêter ce métier! En fait, on n’est jamais arrivé.»

L’accident qui a tout changé

En deuxième année à Florent, Bruno Sanches chute, se brise la nuque lors d’une acrobatie. Moelle épinière en partie sectionnée, plus de sensations au-dessous du cou. Une opération de 13 heures le sauve de la tétraplégie. Puis une seconde. «J’ai commencé à croire aux pensées positives grâce à un médecin qui m’a dit : il y a 70 % de chances que l’opération ne remarche pas, mais il y a 30 % qui dépendent de votre force mentale. Je me suis accroché à l’idée qu’avec la volonté tout est possible. Quand on est alité trois quatre mois, on a le temps de réfléchir, de se remettre en question. Cet accident a été un tournant. Après, tu apprends à relativiser.» Depuis, ce papa médite «le plus souvent possible, mais avec deux enfants de 8 et 5 ans, ce n’est pas simple, s’amuse-t-il. Je ne deviens pas Bouddha : j’ai des angoisses, je peux être colérique. Mais, je n’ai plus le même rapport à la vie. Avant l’accident, je me sentais fort comme un homme de 20 ans. Et là, la vie te dit si je veux, je te prends. C’est une chance d’être vivant».

Sa rencontre avec Alex Lutz

En 2005, ses copains comédiens cherchent à monter «André le magnifique». «On rencontre Alex Lutz qui se concentre alors sur la mise en scène. Il arrive avec ses cheveux blonds, son regard bleu un peu froid par timidité et il nous casse car, selon lui, on est trop jeunes pour les rôles. Et, tout à coup, il sort une vanne, nous fait péter de rire… On ne s’est plus jamais lâchés. Il nous a fait venir pour des sketchs chez Stéphane Bern dans Comment ça va bien (France 2). Un jour, en se promenant dans la rue, lui et moi avons croisé deux femmes qui papotaient et nous ont inspiré Catherine et Liliane.» Le duo déboule en 2012 dans «le Petit Journal» de Yann Barthes. «Au début, on se faisait défoncer sur les réseaux sociaux. On s’est réorganisés dans l’écriture, on les a installées devant les bureaux de la rédaction. C’est ainsi qu’elles ont commencé à exister.» L’arrêt en 2019? «On n’avait plus d’émission où les mettre et plus rien à dire je crois. Elles sont parties à la retraite, on a dit au revoir lors d’une soirée au théâtre. Peut-être qu’elles reviendront un jour. On en parle parfois avec Alex. Reste à trouver le temps et la bonne idée.»

L’après «Catherine et Liliane»

Cinéma, théâtre, télévision… Depuis la fin des secrétaires emperruquées, le tout juste quadra enchaîne les personnages. « Au début, j’ai eu peur car peu de choses se présentaient. Puis, les rôles sont arrivés. Ce métier, il faut aller le chercher, avoir les contacts, se montrer. Ça m’impressionne car je n’ai pas de plans. » Cet été, il tournera la saison 3 de « HPI ». « Avec Marie Denarnaud (la commissaire à l’écran), elle aime tellement la vie qu’on se marre.

Avec Audrey, ça rebondit, comme un match de tennis. Elle est impressionnante, elle adore qu’on la challenge et elle ne se plaint jamais ! » Les tournages estivaux de la suite de « Je te promets » pour TF 1 et de la saison 2 de « l’École de la vie » pour France 2 l’attendent également. D’ici là, l’interprète endossera ces jours-ci la soutane d’un curé dans « Petit Jésus », premier long métrage de Julien Rigoulot, avec Gérard Darmon et Caroline Anglade. À l’automne, celui qui se décrit comme « un comédien très physique » et pratique le kung-fu et la boxe Thaï, deviendra un mineur dans « Gueules noires », un film de genre de Mathieu Turi, avec Samuel Le Bihan.

Le bon pote

Lui qui appelle tous les jours ses parents ne jure également que par ses amis. «Au théâtre, j’ai appris à jouer en bande. C’est essentiel pour moi d’avoir un échange avec mon partenaire. Avec mes potes, on s’est construits ensemble. Je pense plus souvent à nous qu’à je. C’est pour cela que je n’ai jamais fait de seul en scène.» Incarner le bon copain dans les fictions n’est pas vraiment un hasard. «J’adore, mais j’aimerais bien jouer un méchant car on ne s’y attend pas. Après, on te propose ce que tu dégages.»

Une nature au grand air

«J’ai un énorme respect pour la nature : voir la forêt me rend fou ! jubile l’artiste installé avec sa femme photographe et leur progéniture près de Fontainebleau. J’essaie d’y sensibiliser mes enfants. On a une voiture électrique et une au diesel. J’ai fait un potager pendant deux ans mais des milliards de limaces m’ont tout bouffé et j’ai lâché. On a un compost, on mange bio… Les gouvernements devraient soutenir davantage les initiatives. S’ils ne vont pas dans le sens du local, de l’écologie, c’est compliqué ensuite de faire la morale et d’obliger les gens à trier leurs déchets»!

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