mardi, septembre 27

HPI Saison 2 : la recette d’un carton annoncé!

La scénariste Alice Chegaray-Breugnot révèle les secrets de fabrication du polar à succès, de retour sur TF1. Avec une Audrey Fleurot toujours aussi explosive.

Carton historique avec plus de 11 millions de téléspectateurs en moyenne l’an passé, la comédie policière HPI revient pour une saison 2 sur TF1. Morgane Alvaro (Audrey Fleurot), femme de ménage lilloise reconvertie en enquêtrice surdouée, continue d’exaspérer son partenaire, le très patient Karadec (Mehdi Nebbou), tout en résolvant les affaires les plus retorses. Une série calibrée pour la Une, mais qui s’empare avec un petit côté punk malicieux d’un genre balisé. Décryptage d’une recette qui marche, par sa cocréatrice et showrunneuse, Alice Chegaray-Breugnot.

Jouer avec les codes du polar

« Le motif du couple d’enquêteurs est un classique des séries. Nous avons inversé les stéréotypes de genre en faisant de la femme, traditionnellement plus grave, celle par qui arrive la comédie. Nous avons ensuite ajouté des clins d’œil au polar en général, en partant du principe que nos personnages sont comme les téléspectateurs modernes : ils en connaissent tous les codes. Ainsi, Morgane identifie elle-même aisément le type d’épisodes dans lequel elle se trouve – vieille affaire non résolue, mystère surnaturel, arnaque, etc. Nous avons cinquante-deux minutes pour mener une enquête policière, que nous prenons au sérieux au moins dans sa formulation de départ et sa résolution. Tout le plaisir est de s’amuser avec nos personnages à l’intérieur de ce cadre.»

Repousser les limites du burlesque

«Nous augmentons peu à peu la dose de comédie dans la série, avec beaucoup de prudence. Morgane n’a quasiment pas de limites tant elle est originale, c’est un fait depuis la première saison. Dans la seconde, nous testons le potentiel comique de ses collègues flics. Ce serait frustrant de se contenter de projeter une héroïne excentrique dans un monde « normal »… d’autant que, finalement, personne n’est « normal ». L’esthétique pop, très explosive, joue aussi un rôle. Nous plongeons les téléspectateurs dans le chaos de la tête de Morgane pour illustrer les crimes, plutôt que de se contenter d’un flash-back. Notre seule vraie limite, c’est de ne pas tomber dans la blague gratuite ou le ridicule. Ce serait décrédibiliser le suspense, qui est la colonne vertébrale du récit.»

Se laisser guider par une héroïne libre

« La série est construite autour de Morgane, initialement inspirée par Erin Brockovich. C’est une femme irrévérencieuse, immature, grossière mais pas vulgaire, lumineuse, à la fois punk et clown. Et surtout très décomplexée et libre. Elle se moque du regard des autres. Ce côté je-m’en-foutiste a quelque chose de jouissif pour les téléspectateurs.

Pour éviter qu’elle ne devienne agaçante, nous montrons que ça cache aussi un côté autodestructeur, une fragilité émouvante. Audrey Fleurot fait preuve de beaucoup de générosité dans son jeu. Elle y va à fond. Son énergie emporte tout le monde sur le plateau et a eu un impact sur notre vision de Morgane.»

Mettre en scène la France populaire

«Morgane a les mêmes problèmes que les téléspectateurs, elle doit aller chez son banquier, négocier son salaire… Elle a beau avoir décroché un bon job de consultante, on ne veut pas qu’elle s’embourgeoise. Du coup, on multiplie les galères. Par exemple, dans cette saison 2, elle perd sa maison et doit squatter chez ses collègues. Mais malgré l’adversité, elle se démerde toujours, elle maîtrise le système D, trouve des subterfuges pour enjoliver son quotidien. Sa précarité a quelque chose de joyeux, sans être sublimée pour autant. Comme dans la série Shameless. Je suis étonnée qu’on la compare si souvent au capitaine Marleau. Ce sont deux femmes qui mènent l’enquête, mais les points communs s’arrêtent là. Ça montre à quel point la télé française manque d’héroïnes populaires…»

HPI, saison 2, le jeudi à 21h10 sur TF1.

1 Commentaire

  • Lauga Renaud

    cet[e série, soi-disant policière est une pure c….ie certe avec une bonne comédienne pleine de charme et très sexy,mais don extravagante est trop débordante,et l’action m policière passe inaperçue,voire ridicule..,!
    Si c’est sûrement pour concurrencer la série »capitaine Marleau »,pas très plausible aussi,c’est ridicule.
    Rien ne vaudra « commisaire Moulin » ou « commissaire Navarro » et bien d’autres plus sérieuses….
    SVP, arrêtez HPI, trop
    peu crédible en tant qu’émission policiere,c’est se moquer et ridiculiser la police française,qui vaut le respect pour son action!!

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