jeudi, septembre 29

Georges Salinas, garde du corps du Président et écrivain

Directeur de la sécurité du président de la République depuis août dernier, Georges Salinas publie un deuxième polar inspiré de sa carrière de grand flic.

Deux casquettes qu’il manie parfaitement

Peu d’écrivains peuvent se vanter d’avoir occupé de tels postes d’observation. En quarante et un ans de service, Georges Salinas a d’abord passé des nuits de planque à surveiller des trafiquants depuis des fourgons stationnés entre les immeubles de La Courneuve. Désormais ses journées sont consacrées à veiller sur le Président de la République pour en assurer la sécurité personnelle. Entre ces deux mondes, la banlieue et le palais, que tout oppose, Georges Salinas a passé, le 13 novembre 2015, deux heures et demie au Bataclan, enjambant cadavres et survivants pour aller neutraliser les terroristes encore dans les étages.

Mais que faire, littérairement, d’une matière pareille ? Le policier d’élite se garde bien de se concentrer sur les sombres théâtres d’opération qu’il a traversés. Il préfère, et c’est sa réussite, traquer dans ses polars la fêlure des âmes grises. Il les a observées grâce à l’intimité forcée des missions de police judiciaire entre flics et voyous.

«Même chez les plus beaux crânes [les cadors du grand banditisme, N.D.L.R.], j’ai toujours vu ces instants de vie ordinaire, dit-il, attablé à la bien nommée brasserie parisienne Les Deux Palais. Ce sont les vérités des parcours et du quotidien, loin de la flamboyance des grands coups.» Lui qui a mis les pinces aux stars du crime, dont celles du «gang des postiches », prête sa plume aux gens simples, souvent otages de l’histoire, notamment celle de la guerre d’Algérie, déjà présente dans son polar précédent, «le Chat d’Oran».

Dans les coulisses de l’équipe de protection d’Emmanuel Macron

Dans ce nouvel épisode des aventures du commissaire Delarocha, son héros récurrent, le chef de la brigade de la répression du grand banditisme enquête sur une affaire de bars parisiens qui le conduit à trouver des trafics d’êtres humains et de drogue, et des traces de son propre père. Transformé en personnage, un émir terroriste, originaire d’Oran, devenu baron de la drogue, a la particularité d’avoir été handicapé à vie, en 1961, par le tir de riposte d’un policier qu’il voulait tuer. Dans le réel, c’est le père de Georges Salinas, qui a dû dégainer durant les dernières années de la guerre d’indépendance, pour protéger d’un tir sa femme et ses enfants, que visait un commando du FLN. Bien plus tard, dans le roman, un personnage en fâcheuse posture rêve d’un candidat à l’élection présidentielle pour qui «Les Noirs, les Rebeus, les Jaunes, les petits Blancs, tout le monde est pareil ».

«C’était la volonté du président d’avoir auprès de lui quelqu’un qui soit passé par un parcours d’intervention», confie Georges Salinas sur sa mission actuelle à l’Elysée. À lui, la charge de jouer les professionnels, de faire oublier l’affaire Benalla et de réagir à la seconde près dans ces instants de bascule surgis de la vie ordinaire, comme la gifle qui a frappé le président en juin dernier, à la sortie d’un lycée de Tain-l’Hermitage (Drôme)… Trois cents hommes et femmes sont sous ses ordres dont quatre-vingts plus spécifiquement affectés au groupe de la sécurité de la présidence de la République, armés comme des porte-avions, en costume et avec oreillette.

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