jeudi, septembre 29

France 2 enchaîne les échecs mais ne renonce pas à son modèle actuel

La direction de France Télévisions, qui réclame toujours plus d’argent alors que son budget a été maintenu grâce à son financement à travers la TVA, n’avait pas besoin d’un nouvel échec. En effet, la rentrée est rude pour Delphine Ernotte entre la polémique suscité par l’éviction des coanimateurs des Chiffres et des Lettres et le lourd échec de ses émissions de divertissement en prime time.

Le problème du copier/coller

Seulement trois semaines après son retour à l’antenne, Masterchef, émission culinaire née sur TF1 en 2010 et remise au goût du jour sur France 2, est un véritable échec en terme d’audience. Au contraire, les téléspectateurs ont délaissé semaine après semaine la marque ressuscitée pour le service public par Endemol France. Ce mardi, seuls 1,27 million de téléspectateurs, soit 6,6% du public, se sont délectés des plats préparés par les candidats et notés par le jury emmené par Yves Camdeborde, Thierry Marx et Georgiana Viou.

Ce n’est pas parce qu’un programme a fonctionné sur une chaîne qu’il fera de l’audience sur une autre. Surtout, si des groupes privés comme TF1 et M6 arrêtent une émission, c’est qu’il y a une raison et elle est simple. Le public n’était plus au rendez-vous. Pourquoi alors penser, du côté de France TV, qu’ils feront mieux que leurs concurrents du privé? Le score de Masterchef rappelle aussi la difficulté, pour les divertissements de France 2, de s’imposer dans la case du mardi. La saison dernière, « Un flirt, une danse », présenté par Faustine Bollaert et produit par Arthur, avait aussi échoué a réunir les téléspectateurs.

Des précédents qui n’ont pas servi de leçons

Est-ce par manque d’imagination ou parce qu’il n’y a pas d’obligation de résultats que la direction de France Télévisions se contente de copier des programmes ayant déjà été diffusés? Sur France 2, « Masterchef » n’est pas la première émission, dont la mécanique fait écho ou s’inspire de celle d’un programme concurrent du privé, à connaître pareil revers. L’an passé, « The Artist », télé-crochet animé et produit par Nagui, a osé marcher sur les plates-bandes de l’édition « All Stars » de « The Voice ». Son concept? Un concours de talents auquel étaient conviés des artistes « complets », compilant les qualités d’auteurs, compositeurs et interprètes. À l’issue de leurs prestations, le public était invité, comme dans les télé-crochets des chaînes privées, à voter, gratuitement certes, pour les départager.

Face à The Voice, le résultat a été sans appel: seulement 1,32 million de téléspectateurs, soit 8% du public, ont eu la curiosité de découvrir le divertissement de la Deux. Dans le même temps, 4,62 millions de nostalgiques, 27% du public, se divertissaient aux sons des auditions à l’aveugle de l’édition anniversaire de « The Voice ». On pourrait citer aussi l’émission lancée en octobre 2019 où France 2 lançait son « Ninja Warrior », intitulé « La course des champions ». Exit les palmiers de la Croisette, ce parcours d’obstacles, dont les règles se rapprochaient de celles du jeu du chat et de la souris, avait pour décor l’enceinte du Stade de France. Nouvel échec…

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