mardi, septembre 27

Cinéma: Elvis, rockeur au grand cœur…

Baz Luhrmann échappe à l’extravagance en s’appliquant à restituer l’ascension du bon petit gars du Tennessee à travers les yeux de son imprésario, le Colonel Parker, interprété par Tom Hanks.

De prime abord, cet Elvis donnait plus envie de descendre les marches du Palais des festivals à reculons que de les monter en dansant. L’addition du style chic et choc de Baz Luhrmann (Moulin Rouge, Roméo + Juliette, Gatsby le Magnifique) et de la vie tumultueuse du roi du rock’n’roll risquait de créer une overdose visuelle et musicale fatale à tout cinéphile mélomane. L’ouverture du film confirme cette appréhension : effets de manche à gogo, « split screen » (écran partagé en deux), montage frénétique, tubes d’Elvis remixés…

Une foule d’anecdotes

Puis, heureusement, Baz Luhrmann ralentit le tempo pour se concentrer sur son histoire, celle d’un jeune homme du Tennessee devenu une vedette planétaire grâce à son charisme naturel, sa voix électrique et la rencontre avec le fameux Colonel Parker, son imprésario, interprété par le toujours impeccable Tom Hanks. C’est d’ailleurs ce personnage enjôleur et roublard qui fait office de narrateur de l’incroyable destinée d’Elvis Presley. Riche idée qui permet au film de multiplier les points de vue sur la vie du chanteur, entourée de tant d’anecdotes extravagantes qu’il est parfois difficile de démêler le vrai du faux.

Un attachement fort à la musique noire

Le parallèle entre l’état de transe dans lequel entre le jeune Elvis lorsqu’il entend les gospels scandés par les fidèles noirs à l’église et son fameux déhanché sur scène est hasardeux, selon l’«elvisologue» Daniel Ichbiah. En revanche, comme le suggère le film, «il ressentait bien un sentiment de fraternité à l’égard de la communauté noire, dont il s’est approprié la musique : le rock est une sorte de blues accéléré». Choqué par l’assassinat de Martin Luther King, le rockeur au cœur noir, auquel le jeune premier Austin Butler donne beaucoup de fragilité, est rhabillé un peu vite en chanteur engagé. «Elvis était un bon gars, observe Daniel Ichbiah, mais c’était avant tout un chantre de l’Amérique profonde, blanche de peau. »

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