mardi, septembre 27

Avez-vous déjà entendu parler d’un certain Mr Schmitt ?

Qui est Monsieur Schmitt ? LA question que se pose avec une obsession certaine, Mr et Mme Bélier. Dans cette pièce (déjà interprété, il y a dix ans par Richard Berry) de Sébastien Thiéry et mis soigneusement en scène par Jean-Louis Benoît, le couple mène une vie on ne peut plus banale, marié et sans enfant, jusqu’à ce fameux soir. Alors qu’ils dinent paisiblement, une sonnerie de téléphone retentit, deux problèmes se posent : les Bélier n’ont ni de téléphone ni d’abonnement téléphonique. Au bout du fil, on demande un certain Mr Schmitt, inconnu à cette adresse, et pourtant ! Au fil des différents tableaux, et surtout de la venue de personnages tous plus loufoques les uns que les autres, et tous à la recherche de ce Mr Schmitt en la personne de Mr Bélier, ce dernier va comme qui dirait perdre la tête et par-dessus tout perdre son identité, et faire plonger les spectateurs dans une sorte de quatrième dimension. Les questions se chevauchent.

Qui détient la vérité ?

Qui est fou ? Serait-ce une blague ? Qui est Monsieur Schmitt ? Le monde où basculent les comédiens Valérie Bonneton et Stéphane de Groodt devient un véritable labyrinthe de la schizophrénie organisée par l’écriture de Sébastien Thiéry et la mise en scène de Jean-Louis Benoît ; le spectateur n’a pas d’autre choix que de se fier à ce qu’il voit. Peut-être cherchera t-il à rationnaliser la chose, à comprendre ce qu’il est en train de regarder ? Il faudra néanmoins faire joliment abstraction de tout jugement intellectuel et ne pas chercher à comprendre pour admirer cette pièce. On se laisse entrainer dans un univers abstrait, proche de Kafka évidemment, mais pourquoi pas de David Lynch, voire d’un tableau de Magritte : les décors, la mise en scène prennent des airs de Buñuel, les personnages sortent tout droit d’un film tel que Lost Highway, voire Mr Klein. Malgré l’humour grinçant, le climat reste pesant et l’ambiance glauque, il y a une permanente opposition entre la folie et la raison, le monde du cauchemar et celui du rêve. En tout cas rien ne perturbe le jeu des comédiens, Ils sont d’une folle et joyeuse bonne humeur malgré leur agacement compréhensif !  

Attention, dernier jour le 14 avril

Plus de renseignements

www.theatreedouard7.com

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